Retour aux actualités

Orbites basses : la privatisation silencieuse de l’espace

Une explosion hors de contrôle

L’espace n’est plus un sanctuaire scientifique, c’est le prolongement direct de nos réseaux terrestres.

Nous vivons une explosion sans précédent : l’orbite basse (LEO) concentre désormais 90 % des satellites mondiaux, plus de 15 000 entre 500 et 1 000 km d’altitude.

Dans ce nouveau Far West, la rapidité d’exécution l’emporte sur l’intérêt général.

Le seul cadre international, le traité de l’Espace de 1967, est devenu obsolète.

A côté de ce cadre, des initiatives sont menées par Space Safety Coalition ou encore Secure World Foundation.

L’UIT (Union Internationale des Télécoms) gère des fréquences, pas l’occupation physique de l’espace.

L’ensemble des lignes directrices de ces organisations ne sont pas contraignantes et ne prévoient aucune sanction.

La FCC distribue des licences sans aucune étude d’impact environnemental.

En 2022, le GAO (Government Accountability Office) a publié un rapport sur ces contournements : ce rapport n’a eu aucun effet.

L’orbite basse est en train de devenir une infrastructure privée globale.

 

Hégémonie et dépendance stratégique

Le marché est aujourd’hui monopolisé par le « bloc américain ».

SpaceX, via Starlink, opère 9 missions sur 10 et vise 40 000 satellites d’ici 2030.

Cette domination engendre une dépendance : coupures de réseau Starlink en plein conflit.

En France, l’asymétrie réglementaire est totale.

L’ARCEP délivre des fréquences à ces géants sans les obligations sociales et de couverture imposées aux opérateurs terrestres. Ces acteurs captent le marché national sans créer d’emplois locaux ni générer de retour fiscal.

La CFE-CGC Télécoms a écrit à l’ARCEP  : elle mentionne la distorsion de concurrence et les menaces sur l’emploi

Nous sommes face à une captation accélérée d’un bien commun.

 

Une bombe à retardement environnementale

Le déploiement massif de constellations de satellites en orbite basse génère une empreinte carbone significative et soulève des questions de pollution spatiale et de durabilité, en référence au cycle de vie d’un satellite 

Contrairement aux satellites géostationnaires (fixes à 36 000 km pour 15 ans de vie), les constellations en orbite basse imposent un cycle de renouvellement tous les 5 ans.

Cette obsolescence structurelle est un désastre environnemental.

L’analyse de l’empreinte carbone, fournie par une étude de 2024 du Shift Project révèle une intensité polluante très importante : l’empreinte carbone de Starlink est estimée à deux fois celle de l’intégralité des réseaux fixes et mobiles français en 2020.

La saturation augmente aussi le risque de collisions en chaîne, menaçant de transformer l’espace en un nuage de débris impraticable.

 

Vers un usage raisonné de l’Espace

Le marketing des géants du spatial prône la connectivité pour les « oubliés du numérique ».

68 % des habitants de la planète est déjà connectée, les freins sont financiers et sociaux, pas techniques.

Le satellite ne doit pas être survendu comme une solution de masse, mais rester un complément ciblé pour les zones blanches extrêmes (haute montagne, zones maritimes) et les communications d’urgence lors de catastrophes naturelles.

La question est posée à chaque citoyen et décideur : quel prix sommes-nous prêts à payer pour une connexion internet omniprésente ?

Des questions ?

Retrouvez toutes les réponses à vos questions dans notre FAQ